Le livre noir du lycée de Montgeron
Le lycée de Montgeron a commencé sa restructuration en novembre 2005. C’est l’un des chantiers les plus importants de l’Ile de France avec un budget de plus de 80 millions d’euros. La fin des travaux est maintenant prévue pour mai 2010.
Ce vaste chantier arrive donc à son terme. Déjà tout le monde peut noter de visu les changements apportés aux divers bâtiments, conférant à la « cité » un aspect rénové, plus moderne, convivial. Cependant les apparences sont trompeuses. L’envers du décor est moins flatteur. L’administration du lycée n’hésite pas à déclarer que « la restructuration se fait un peu dans la douleur« . En effet, nombre de dysfonctionnements et de malfaçons sont d’ores et déjà relevés dans les bâtiments qui ont déjà été livrés. La liste est longue et touche tous les corps de métier impliqués dans la rénovation: absence d’électricité dans un étage du bâtiment F, canalisations gelées dans des salles du bâtiment O, puissance électrique insuffisante pour les enseignements techniques dans le bâtiment G, système de ventilation bruyant et défectueux au bâtiment F, salles dépourvues de chauffage dans la barre O, et la liste est encore longue. Ajoutons à cela le comportement irrespectueux de l’environnement et irresponsable des entreprises utilisant le fond du parc comme dépotoir géant. Les enseignants ont d’ailleurs rédigé un « livre noir« , véritable recueil des malfaçons et aberrations résiduelles laissées par les entreprises.
Que fait la région face à cela, que fait le rectorat de Versailles ? Le lycée ne peut que constater amèrement que « tout ceci nous inquiète beaucoup pour l’avenir, lorsque les entreprises auront quitté le chantier et que nous nous retrouverons seuls face à des désordres matériels incommensurables. Et au final, n’est-ce pas chacun d’entre-nous, en tant que contribuable, qui sera doublement sollicité, une première fois avec la restructuration elle-même et une seconde fois avec les multiples réparations que nous serons tenus d’engager? »
Lors de son premier CA, ses membres se sont prononcés à l’unanimité moins une abstention sur une motion présentée par les enseignants visant à dénoncer cet état de fait et sollicitant au plus vite d’être reçu à la fois par la Région et le rectorat sur cette questions des travaux. Est-t-il possible de penser que nous devrions faire les frais de dysfonctionnements causés par des entreprises peu scrupuleuses?
Pascal Descamps
