Neuf propositions pour un seul lycée

Les 20 organisations à l’initiative de l’appel « De l’ambition pour la réforme des lycées » (ARF; Éducation et Devenir ; Ceméa C É ; CRAP ; EEDF ; FCPE ; FESPI ; FOEVEN ; Francas ; GFEN ; Icem ; JPA ; Ligue de l’enseignement ; OCCE ; PEP ; SE-Unsa ; Sgen-CFDT ; Unef ;UNL) ont publié le 15 janvier neuf propositions pour la réforme du lycée.

Au moment où la réforme Darcos des lycées vient d’être reportée à la rentrée 2010 et qu’un chargé de mission sur le lycée vient d’être nommé – Richard Descoings, directeur de l’Institut d’études politiques de Paris (SciencePo) – plusieurs organisations de parents, d’enseignants et de lycéens entendent battre le fer pendant qu’il est encore chaud.

Lors de la présentation de ses vœux aux personnels de l’Education Nationale à Saint-Lô, Nicolas Sarkozy a planté le décors:  » On va travailler pour que dans chaque lycée [les lycéens] puissent donner leur avis. Il faut qu’ils comprennent eux aussi qu’il faut cette réforme ». De quelle réforme parle-t-il ? de celle du ministre Darcos dont personne ne veut ou de celle, à construire, du lycée de demain ? Les lycéens pourront « donner leur avis » et après ? Est-ce là de la concertation ? S’agit-il seulement de donner son avis? Et quid des parents dans cette vaste consultation? N’ont-ils rien à dire?

Sur la question des moyens, le président affirme qu’il n’y aura « pas de moyens supplémentaires avant toute réforme ». Certes, n’en demandons même pas tant ! mais il ne dit pas qu’il n’y aura pas de réductions de moyens tels que ceux annoncés pour la rentrée prochaine et qui porte sur la disparition de 13500 postes. « On fera cette réforme sans enlever un centime et sans supprimer un poste au lycée » ajoute-t-il encore. Comment comprendre cette phrase, antagonique avec la précédente ? Veut-il dire qu’après les suppressions de postes de la rentrée 2009, il n’y en aura aucune à la rentrée 2010, année d’entrée en fonction de la réforme ? Cela serait du cynisme et on ne peut imaginer cela de notre président. Ce pourrait aussi signifier que toutes les suppressions de postes s’abattront sur le primaire et le collège. Soit. Pourtant, dans son discours, un peu plus loin, il ajoute cette question un peu sibylline: « Puis-je me permettre de maintenir le même niveau de charges avec moins d’effectifs ? » en rapport avec les 57000 lycéens en moins l’an dernier. Ne peut-on donc y voir finalement l’annonce déguisée que les suppressions de postes toucheront de toutes façons les lycées ?

A l’évidence il y a dans ce discours tout et son contraire. En tout cas il ne rassure en rien et ne fait qu’entretenir le doute et l’inquiétude quant-aux rentrées prochaines.  Déjà, cette année, nous le vivons tous au lycée de Montgeron, les conséquences des suppressions de postes se sont fait sentir. Le lycée est maintenant comme une petite entreprise qui vit en flux tendus.  Par manque de moyens, les classes sont pleines à craquer, jusqu’à 36 élèves dans une classe de seconde,  le soutien a fondu comme neige au Soleil, les remplacements de profs se font difficilement ou ne se font pas (on ne trouve plus de profs de physique remplaçants sur l’académie de Versailles), les options facultatives ne trouvent plus leur place dans les grilles d’emploi du temps.

Qu’en sera-t-il l’an prochain? Que nous réserve la prochaine DHG (Dotation Horaire Globale)? encore moins de moyens, moins de soutien (quoique faire moins que 0h sera difficile), plus d’heures supplémentaires pour les profs, moins d’options artistiques?

Pour l’heure nous n’en savons rien car le projet de DHG ne nous est pas encore parvenu. A moins qu’il soit si catastrophique que l’on retarde le moment où il sera porté  à la connaissance des élus au conseil d’administration.

Pascal Descamps

Président de la FCPE du lycée de Montgeron

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